Elle me regardait, j'en étais sûr. En même temps dans le métro, t'as pas le choix: soit tu fais quelque chose pour passer le temps, soit tu regarde les gens autour de toi. Elle faisait les deux. Non: elle me matait, en faisant semblant de lire son livre. Discrètement, certes, mais je suis perspicace. Après 2-3 eyes contacts, je me suis dis qu'il fallait que je lui parle, que je sorte quelque chose d’intéressant, pour engager le dialogue; mais je ne pouvais pas. J'ai calé. Comme si mon putain d'esprit me disait "NAN, reste ou tu es, c'est très bien comme ça.". Tu vois le principe des eyes-contacts ? Moi, je suis expert. C'est très pratique, et très simple. Il suffit de croiser le regard de ton prochain coup, d'une manière totalement innocente.
Au bout de 3, plus de doutes : tu dois y aller. Ça t'assure 50% de réussites, sans prononcer un mot.
Plus les stations passaient, plus les regards se faisaient désireux. De grands yeux noirs, des cils recourbés et noircis. Sex. Puis, sans me laisser le temps de finir ma contemplation, elle se lève, station St Paul. L'intensité est rompue soudainement. Merde, c'était trop beau, putain. Elle descend, court sur le quai embrasse, un gars.
Je suis vraiment une baltringue.

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